En préambule, il est bon de rappeler que ce rapport d’expert a été demandé par le Président de la République, élu démocratiquement par tous les Français.
Il faut également préciser que ce rapport part d’un constat alarmant sur l’état des finances de notre pays qui plombe la croissance et qui, si rien n’est fait, risque de nous entraîner vers la récession d’abord et la faillite ensuite. Et sans croissance, pas d’équilibre des comptes de la Nation. On peut donc parler de cercle vicieux !
Le rapport ATTALI a au moins le mérite de ne pas faire dans la langue de bois !
Dans cet inventaire à la PREVERT, il y en a pour tout le monde : Pharmacien, Fonctionnaire, Taxi, Etranger, Travailleur, Chômeur…
Et puis, il y a la proposition de supprimer les départements.
Et là, je dis « chiche » !
Il y a en France :
- Environ 32000 communes avec une Mairie, un Maire, des Conseillers Municipaux, des employés municipaux… ;
- Des communautés de communes avec un Président, des Présidents adjoints, des membres, des représentants des communes, des employés communautaires… ;
- Une centaine de départements (avec l’Outre-mer) avec un siège du Conseil Général, un Président, des Vice-présidents, pour environ 4000 Conseillers Généraux, des employés…
- 22 régions administratives avec un Président, des Vice-présidents, des élus, des employés tout ça, évidemment, doit être logé dans autant de bâtiments !
Vouloir supprimer un de ces échelons est, pour le moins, une question de bon sens.
Nous sommes les Champions du Monde du nombre de communes et c’est peut-être par-là qu’il faudrait commencer pour faire des économies.
1°) La plupart des communes sont regroupées en communautés de communes, rendues obligatoires par le coût exorbitant des équipements collectifs (Traitement des ordures ménagères, Traitement de l’eau, Services d’incendie, de secours…) Il suffirait de ne conserver que ces regroupements. Ce qui nous permettrait d’arriver aux mêmes chiffres que les grands pays européens (environ 6000). Avec les économies d’échelle que cela pourrait engendrer.
2°) La suppression des départements est aussi une bonne idée et qui peut très bien se combiner avec la précédente. Il y a tellement de tâches redondantes avec les communes et les Régions que ça ne pourrait que simplifier les choses. Et puis, ça permettrait d’éviter la surenchère entre départements voisins ou les mauvais choix dictés par la volonté de ne fâcher personne (en mécontentant tout le monde) ! Et ça coûte cher !
Un exemple lorrain : l’aéroport régional qu’il a fallu planter à égale distance de METZ et de NANCY et qui aujourd’hui ne sert (presque) à rien. Il aurait été plus intelligent d’investir la même somme dans l’accès aux aéroports voisins de Luxembourg, Sarrebruck et même Strasbourg qui permettent, eux, d’accéder aux aéroports du monde entier.
Un autre exemple lorrain : La Gare TGV. Le principal bailleur de fonds étant mosellan, il a fallu se plier à leur exigence de l’implanter à côté de l’aéroport. Inaccessible par le rail en TER (contrairement à celle de REIMS ou de VALENCE par exemple), elle oblige l’utilisation de transports routiers avec un parking au prix dissuasif. Et comme une connerie ne suffit pas, on va faire une seconde Gare TGV à VANDIERES. C’est là qu’aurait du se situer la première, mais maintenant qu’il y a celle de LORRAINE TGV, inutile d’en rajouter une. Mais quand il s’agît de l’argent des autres !
Alors, oui, je suis pour la suppression des départements et le report de leurs prérogatives sur les Régions. Ca veut dire aussi qu’il n’y aurait plus d’élections cantonales, plus de Conseillers généraux et plus de magnifiques locaux pour les accueillir. Quant on sait ce que cela coûte, c’est vraiment une bonne économie !
A ceux dont le seul argument pour le maintien est l’attachement à l’immatriculation de leur voiture, je répondrais que les enjeux dépassent largement ce cadre là. C’est une question de survie du mode de vie à la française. Car sans argent, il va être difficile de construire des crèches, des écoles, des routes, des voies ferrées, des Tribunaux, des prisons… Il sera difficile aussi de se payer un système de santé de plus en plus dispendieux, des retraites de plus en plus nombreuses, des policiers formés, des chercheurs qui trouvent…
Il est vrai qu’en France, il faut réformer sans toucher à rien, ou alors aux avantages des autres !